A 5 ans. Spectacle d'école. Deguisée en chat, je monte les marches de l'estrade. Je me place au milieu, comme ma maîtresse me l'a dit. Un micro en face de moi. Je dois chanter. Derriere ce micro, une foule de gens. Parents, grands-parents, marraines, frères/soeurs, oncles, tantes et professeurs me regardent, un sourire accroché aux lèvres, attendant patiemment que je commence ma chanson. Pas un son ne sort de ma bouche. Je reste là, terrorisée, honteuse. Les yeux grands ouverts, je recule doucement. Je sors de la scène en courant et en pleurant. En chemin, j'arrache mes fausses moustaches de chat, déchire mon costume et me débarbouille de ce maquillage puéril. Je suis seule.
A 11 ans. Une boum est organisée chez ma meilleure amie. Je descends avec un groupe de camarades à la vieille cave de sa maison. En bas, tout est beau. Pleins de lumières, pleins de couleurs, plein de musique. La soirée commence. Tout le monde se met à danser, à rire et à chanter. Moi je reste dans la petite pièce à regarder les disques. Une personne me dit de m'en aller. Alors je m'en vais, déçue. J'entre alors dans la salle ou un immense canapé est disposé ainsi qu'une sorte de bar avec des sucreries. Je m'y installe. Seule. Pendant que les autres dansent. «Non mais elle danse pas parce qu'elle est timide.». Ils me regardent tous telle une minable. Je pleure. Mais ils finissent par comprendre. Même si ma peine ne part pas. Je suis seule.
A 12 ans. En quatrième, au collège de Marseille. Je dois réciter une poésie. Je ne me souviens plus du titre. Je dois aller la réciter devant tout le monde. Alors j'avance lentement, me poste devant le tableau noir et fait face à la foule d'élèves qui me regardent. Mes mains se mettent à trembler, mon coeur à battre de plus en plus fort. J'étouffe, je vais mourir... Je cite le titre et je bafouille. Vient la récitation de quelques lignes mais je suis tétanisée. Je passe pour une grosse idiote. Pas un mot n'a réussi à sortir correctement de ma bouche. 2/20. C'est la note que j'ai reçue. Je retourne m'assoir à mon bureau, sous les rires de mes camarades. Je pleure en silence. Je suis seule.
A 14 ans. J'entre en troisième. Je ne me préoccupe pas de mon apparence. J'ai les cheveux tirés en arriere et des gros pulls. Je suis laide. Je n'ai que deux amis. Pendant toute ma scolarité, je subis les moqueries incessantes de mes camarades. Et je n'ose pas réagir, je n'ose pas me défendre. On me pousse, on me tape, on m'insulte, on me vole. Mais je suis timde et je ne dis rien. J'échoue. Mon année est un échec total. Je redouble. Je pleure dans ma chambre, de cette année monstrueuse. Je suis seule.
A 15 ans. Seconde troisième. Je n'ai qu'une amie. Ma meilleure amie. Elle extravertie, moi le contraire. Elle se fait de nouveaux amis, tout comme moi. Aux interclasses, je reste seule, attablée à mon bureau. Les autres réunis en un groupe loin de moi. Pourquoi ne vais-je pas les rejoindre ? «La flemme» répondrai-je. C'est parce que je suis trop timide pour aller les voir. Je n'ose pas. Ou au pire, je ne parlerai même pas. Durant cette année, je suis un psy. Quelques améliorations mais sans plus. Et j'arrête le psy. Je suis seule.
L'autre jour, j'étais assise à mon bureau. Seule. Mes amies étant loin devant moi. Je réflechissais simplement sur le cours qui allait arriver. Une personne s'assis sur mon bureau. Elle me regarde et me lance : «Pourquoi tu ne parles pas ?». Devant son air interrogateur, je me contente de sourir. Parce que lui répondre me ferait du mal.
Elle s'en va. Je suis seule. Et je ne m'en plains absolument pas. Elle revient. «Tu vois, tu fais la gueule. Tu te mets à part». Elle rigole, parce qu'elle a dit ça comme si c'était quelque chose de drôle. Moi je ne réponds rien. Mais devant son sourire, mes yeux embués de larmes trahissent ma peine. Son rire cache mes pleurs. Elle ne se rend pas compte du mal qu'elle me fait. Mais en fait, ce n'est pas sa faute. C'est la mienne.
Aujourd'hui, je suis toujours timide. Je rougis et bafouille toujours quand un prof m'interroge. Je reste toujours en retrait. Je n'ose toujours pas aller vers les autres. Je tremble toujours quand je fais la bise ou parle à un garçon. Je me prive toujours de certaines choses. Mais je l'ai accepté. Je ne veux plus changer. Je veux rester comme je suis. Parce qu'aujourd'hui, j'ai des tas d'amis. Et si j'ai réussi à gagner ces amitiés au cours de ma vie, c'est bien parce que l'on m'aime comme je suis. Et je ne veux pas que quelqu'un me change. Je veux juste qu'on cesse ces remarques. Pourquoi je ne parle pas ? Parce que je n'ai rien à dire. Pourquoi je suis en retrait ? Parce que c'est mon caractere, je ne vais pas vers les autres. Pourquoi je paraît froide, réservée ou faire la gueule ? Parce que ce n'est que l'apparence que ma timidité me donne. Si les gens ne s'arrêtent qu'à là, eh bien tant pis.
Edit : On dit qu'il n'y a rien de plus arrogant qu'un timide qui a vaincu sa timidité. J'ai l'impression de devenir arrogante =) Vraiment, je me suis beaucoup améliorée. Je ne rougis plus et ne bafouille plus en classe, j'ose même me défendre quand on me derrange ou quand on m'agresse. J'arrive à avoir de bonnes prestations orales. Plus de problèmes pour parler à un garçon. Plus de problèmes pour aller acheter du pain. Je pense que je suis passé du stage "timidité excessive" à "timidité normale concernant tous les individus de la terre"
Pourquoi je ne suis plus timide ? Le temps. J'ai grandi. J'ai mûri. Mon entourage y est pour beaucoup aussi...
N'y voyez là aucune plainte, aucune tristesse ni une quelconque envie de changer de personnalité. Je m'assume et je suis fière de ce que je suis.
Ne jugez pas les gens sur leurs apparences... Apprenez à les connaître...
A 11 ans. Une boum est organisée chez ma meilleure amie. Je descends avec un groupe de camarades à la vieille cave de sa maison. En bas, tout est beau. Pleins de lumières, pleins de couleurs, plein de musique. La soirée commence. Tout le monde se met à danser, à rire et à chanter. Moi je reste dans la petite pièce à regarder les disques. Une personne me dit de m'en aller. Alors je m'en vais, déçue. J'entre alors dans la salle ou un immense canapé est disposé ainsi qu'une sorte de bar avec des sucreries. Je m'y installe. Seule. Pendant que les autres dansent. «Non mais elle danse pas parce qu'elle est timide.». Ils me regardent tous telle une minable. Je pleure. Mais ils finissent par comprendre. Même si ma peine ne part pas. Je suis seule.
A 12 ans. En quatrième, au collège de Marseille. Je dois réciter une poésie. Je ne me souviens plus du titre. Je dois aller la réciter devant tout le monde. Alors j'avance lentement, me poste devant le tableau noir et fait face à la foule d'élèves qui me regardent. Mes mains se mettent à trembler, mon coeur à battre de plus en plus fort. J'étouffe, je vais mourir... Je cite le titre et je bafouille. Vient la récitation de quelques lignes mais je suis tétanisée. Je passe pour une grosse idiote. Pas un mot n'a réussi à sortir correctement de ma bouche. 2/20. C'est la note que j'ai reçue. Je retourne m'assoir à mon bureau, sous les rires de mes camarades. Je pleure en silence. Je suis seule.
A 14 ans. J'entre en troisième. Je ne me préoccupe pas de mon apparence. J'ai les cheveux tirés en arriere et des gros pulls. Je suis laide. Je n'ai que deux amis. Pendant toute ma scolarité, je subis les moqueries incessantes de mes camarades. Et je n'ose pas réagir, je n'ose pas me défendre. On me pousse, on me tape, on m'insulte, on me vole. Mais je suis timde et je ne dis rien. J'échoue. Mon année est un échec total. Je redouble. Je pleure dans ma chambre, de cette année monstrueuse. Je suis seule.
A 15 ans. Seconde troisième. Je n'ai qu'une amie. Ma meilleure amie. Elle extravertie, moi le contraire. Elle se fait de nouveaux amis, tout comme moi. Aux interclasses, je reste seule, attablée à mon bureau. Les autres réunis en un groupe loin de moi. Pourquoi ne vais-je pas les rejoindre ? «La flemme» répondrai-je. C'est parce que je suis trop timide pour aller les voir. Je n'ose pas. Ou au pire, je ne parlerai même pas. Durant cette année, je suis un psy. Quelques améliorations mais sans plus. Et j'arrête le psy. Je suis seule.
L'autre jour, j'étais assise à mon bureau. Seule. Mes amies étant loin devant moi. Je réflechissais simplement sur le cours qui allait arriver. Une personne s'assis sur mon bureau. Elle me regarde et me lance : «Pourquoi tu ne parles pas ?». Devant son air interrogateur, je me contente de sourir. Parce que lui répondre me ferait du mal.
Elle s'en va. Je suis seule. Et je ne m'en plains absolument pas. Elle revient. «Tu vois, tu fais la gueule. Tu te mets à part». Elle rigole, parce qu'elle a dit ça comme si c'était quelque chose de drôle. Moi je ne réponds rien. Mais devant son sourire, mes yeux embués de larmes trahissent ma peine. Son rire cache mes pleurs. Elle ne se rend pas compte du mal qu'elle me fait. Mais en fait, ce n'est pas sa faute. C'est la mienne.
Aujourd'hui, je suis toujours timide. Je rougis et bafouille toujours quand un prof m'interroge. Je reste toujours en retrait. Je n'ose toujours pas aller vers les autres. Je tremble toujours quand je fais la bise ou parle à un garçon. Je me prive toujours de certaines choses. Mais je l'ai accepté. Je ne veux plus changer. Je veux rester comme je suis. Parce qu'aujourd'hui, j'ai des tas d'amis. Et si j'ai réussi à gagner ces amitiés au cours de ma vie, c'est bien parce que l'on m'aime comme je suis. Et je ne veux pas que quelqu'un me change. Je veux juste qu'on cesse ces remarques. Pourquoi je ne parle pas ? Parce que je n'ai rien à dire. Pourquoi je suis en retrait ? Parce que c'est mon caractere, je ne vais pas vers les autres. Pourquoi je paraît froide, réservée ou faire la gueule ? Parce que ce n'est que l'apparence que ma timidité me donne. Si les gens ne s'arrêtent qu'à là, eh bien tant pis.
Edit : On dit qu'il n'y a rien de plus arrogant qu'un timide qui a vaincu sa timidité. J'ai l'impression de devenir arrogante =) Vraiment, je me suis beaucoup améliorée. Je ne rougis plus et ne bafouille plus en classe, j'ose même me défendre quand on me derrange ou quand on m'agresse. J'arrive à avoir de bonnes prestations orales. Plus de problèmes pour parler à un garçon. Plus de problèmes pour aller acheter du pain. Je pense que je suis passé du stage "timidité excessive" à "timidité normale concernant tous les individus de la terre"
Pourquoi je ne suis plus timide ? Le temps. J'ai grandi. J'ai mûri. Mon entourage y est pour beaucoup aussi...
N'y voyez là aucune plainte, aucune tristesse ni une quelconque envie de changer de personnalité. Je m'assume et je suis fière de ce que je suis.
Ne jugez pas les gens sur leurs apparences... Apprenez à les connaître...
